CHAPITRE III
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« Je... C'n'est pas moi ! » déclara Bill naïvement tout en plaquant ses mains à l'air innocemment.
Qui d'autre à part lui dans la pièce pouvait avoir l'idée de faire un barbecue ?
Scotty, leur chien si intelligent et élégant ? Kasimir, ce gros flemmard et goinfreur qu'il était ? [Houuu ça sent l'avis de Tom là...]
« Bien sur Bill, et c'est ton con de chat qui a eu la merveilleuse idée en cette journée magnifique de faire un barbecue et qui s'en faire exprès fait cramer mon superbe maillot... Heu... HEY MAIS ETEINDS CA BILL ! cria Tom en s'affolant.
-Non mais t'es fou, riposta Bill.
-Mon maillot ! Putain il vient d'Amérique Bill ! pleura Tom.
-Roh ça va, le mien vient d'Allemagne, et ça fait quoi ? Aide-moi à éteindre le feu.
-Crétin va ! Tu veux que j'm'amuse à brûler Kakalou, hein ?!
-Non pas mon doudou ! s'empressa de dire Bill la voix douce. Kakalou vient d'Australie en plus ! rajouta-t-il en croisant les bras l'air boudeur.
-Alors fait pas ton malin hein ! dit Tom en crispant son ½il droit tout en balançant sa tête de haut en bas en souriant doucement. Bon allez les boulets, on éteint ça...
-« Les » ?
-Bah Kasimir et toi, idiot ! rétorqua Tom comme si cela était une évidence.
-Oh gott... » soupira Bill alors qu'il tirait le tuyaux d'arrosage vers le barbecue enflammé.
Les garçons se dépêchèrent d'éteindre le barbecue et d'effacer toute trace d'incident, si jamais leur mère apprenait qu'il y avait eu une telle catastrophe, les garçons pourraient vite dire au revoir à leur voyage. Encore heureux, le barbecue qu'avait tenté de faire Bill sans succès n'avait qu'en fait cramé le maillot de bain de Tom qui traînait malencontreusement sur la chaise à bar positionnée juste à côté du barbecue et on pouvait voir sur le carrelage de la terrasse quelques traces noirâtres qui ne semblaient vouloir s'enlever. Tom avait eu beau frotter comme une Cendrillon, rien à faire, les traces ne voulaient pas partir.
« Bill tu fous quoi ?! demanda Tom alors qu'il s'accroupissait pour attraper sous une chaise longue un bout de charbon. Dieu si tu m'ent... AAAAH ! cria Tom sous la surprise. BILL... Tom entendit son frère rire comme un tordu. BILL TU VAS MOURIR ! » déclara Tom tournant toujours le dos à son frère. Il gigota, sentant l'eau froide collé son tee-shirt contre son dos et à peine fut-il retourné qu'il se prit un puissant jet d'eau glacée sur le torse, il hurla de douleur et regarda Bill froidement. Aussitôt, une course poursuite débuta.
Bill armé du tuyau d'arrosage affichait un air sadique à chacune de ses attaques, Tom lui s'abritait le plus souvent grâce aux chaises longues ou bien encore sous la table de la terrasse quand enfin, une idée merveilleuse vint toquer à sa porte. L'aîné sourit de toutes ses dents, il jeta des coups d'½il partout autour de lui, analysa la situation.
« Mhhh...de cet angle, arf'... non c'est pas bon, et si je faisais çaaa et que ! C'est bon ! » s'exclama Tom ayant trouvé un bon passage limitant de ce fait le plus possible le jet d'eau. Tom regarda une dernière fois devant lui tout en mordillant sa lèvre inférieur, il se leva d'un bond et tout en criant un ridicule « AAAAAAAAAH ! » courut se faisant lamentablement attaqué par son frère.
Bill appuya longuement et le jet arrivait si violemment qu'il atteignait facilement le coin où Tom était : le petit cabanon un peu plus isolé de la piscine. Bill ne comprit pas le plan de son frère mais quand l'eau se coupa brutalement, il raga et poussa un cri : « C'est DÉLOYAL TOMI !!! »
Bill pouvait être des fois très irréaliste, tout comme son frère l'était avec ce voyage.
Ensuite, ils s'étaient tranquillement baignés sans (pour une fois) chahuter.
« -Billou... chuchota Tom, Billou mon chéri, soupira-t-il.
-Tu veux combien ? ricana bêtement Bill reprenant la réplique de leur beau-père tout en relevant la tête de son magasine people qu'il adorait lire. [& dire qu'il en est la cible lui-même...]
-Roh, t'es pas marrant. Je voulais savoir si t'avais assez de gentillesse pour aller me chercher un...
-RedBull... roh, t'as d'la chance d'avoir un frère comme moi Tom » dit Bill en se levant du transat. Tom soupira de bien être et lui dit qu'il aimait. En vrai, en fort.
Bill lui ramena sa boisson après y avoir bu quelques gorgées, Tom se releva quelque peu sur ses coudes de la chaise longue et vida la moitié de la boisson qu'il reposa sur la petite table basse à côté de lui. Bill s'assit sur le peu de place qu'il restait à côté de son frère et regarda son frère tout en lui faisant d'agréables « guilis » sur le torse. Tom lui sourit tendrement et après avoir retiré ses lunettes de soleil, entraîna son frère à se mettre sur lui.
« -Je me disais la nuit dernière qu'il faut qu'on soit toujours soudé.
-Ouais... Mais on l'est depuis petits, non ? demanda faussement Bill.
-Oui, c'est vrai. Mais comme hier, j'ai vraiment fait le con.
-Oh. On en parle plus, on s'est excusé la veille Tomi. » Bill inspira l'odeur de son frère et aspira la goûte d'eau qui coulait à cause de ses dreads.
Ce soir-là, Tom s'était douché plongé dans ses pensées, s'était mis malgré lui du gel douche dans les yeux et avait glissé une bonne dizaine de fois sur le carrelage chauffé. Il s'était séchait silencieusement à côté d'un Bill qui se lavait les dents depuis peu. Aucun mots n'avaient été alors échangés et quand Tom regardait son frère du coin de l'½il, il soupirait doucement s'apercevant que l'ignorance était vraiment un sentiment des plus affreux qu'il puisse avoir connu. Surtout quand elle provenait de son frère. Il s'était alors appliqué tout seul la lotion pour ses dreads alors que Bill était retourné à leur chambre.
Quand Tom revint, Bill était dos à lui, le visage face au mur, ce qu'il, d'ordinaire, détestait faire. Tom s'était alors rapproché doucement comme par peur de réveiller Bill et se coucha à ses côtés, collant son torse frais au dos chaud de Bill. Il gigota et essaya de repousser Tom.
« -Tomi, avait couiné Bill en fermant les yeux. Il ne devait pas céder. Pas aussi facilement. Mais Tom était son jumeau. Alors Bill ne pouvait ne pas céder, c'était une fatalité effrayante. Terriblement effrayante pour les jumeaux.
-Pardon... Oh je suis tellement désolé Bill, Tom embrassa l'épaule de son frère.
-Je..., la voix de Bill était serrée et faible, on aurait dit qu'il pleurait. Tom qu'est c'que tu as... dis... dis moi, à moi, à moi seul » insista-t-il.
Tom avait été tenté de dire « Ce n'est rien. » mais il savait pertinemment que ce genre de réponse aurait d'avantage éveillé la curiosité de Bill. Il s'était retenu et avait répondu :
« Chut. Je vais bien, ne t'en fais pas. Je t'aime vraiment Bill. »
Tom caressa les cheveux humides de son frère et serra son étreinte avant de dire :
«-Pour le voyage, faudra pas douter de l'autre, faudra pas...
-Tomi, tu crois qu'on y arrivera ? Bill avait soudainement une petite voix.
-Ouais, j'en suis sûr, avec toi, j'suis fort. Tom se retint d'en dire plus. Il avait l'impression que toutes les choses qu'il éprouvait pour son frère étaient semblables à celles de quelqu'un amoureux. Il avait trop peur d'en dire trop ou d'en dire peu. Il était perdu.
-Moi aussi, je t'aime Tomi. » Tom embrassa ses cheveux en fermant les yeux et appuya de sa main la tête de son frère contre son cou. Ils dormirent là jusqu'à qu'ils aient froids.
« -Fais-moi à manger Billou, geignit Tom en crispant son visage comme un enfant près à éclater en sanglots. Oh. Oooooh. OH OH ! s'exclama-t-il en bougeant vers la gauche quand sa voiture tournait à droite et inversement. Putain Bill tu fous quoi ? haussa la voix Tom alors qu'il restait parfaitement concentré sur son jeux vidéo. NAAAAH J'Y CROIS PAS IL M'A DOUBLE LE CON ! s'étonna Tom. Il est nul, lui d'habitude, soupira-t-il.
-TOM N'HURLE PAS ! réprimanda le cadet du haut des escaliers.
-Je fais ce que je veux. Je.suis.le.plus.grand, déclara Tom narquoisement.
-Gniagniagnia. Et ta connerie, c'est la plus grande aussi tiens, ricana Bill alors qu'il descendait tranquillement les escaliers. Tu joues à quoi ?
-Chut... Atta' atta'... » se re-concentra Tom, il doubla la voiture de course de tout à l'heure, jura un « Tiens, D.T.C* pauv' con ! » accéléra comme un fou sur la route glissante, il jeta un ½il sur le parcours affiché en bas à droite de l'écran, souffla, bien trop stressé par l'immense pression de bientôt gagner une course à un jeu vidéo, il manqua de louper un virage et freina subitement, les gouttes de sueur commençaient à dégouliner sur son front alors qu'il re-accéléra, enfonçant aussi fort qu'il le pouvait le bouton d'accélération et enfin, après une interminable course follement dangereuse, gagna.
« -POOOO-POLOOO-POPOOOOOPOOOOOO-POOOOO ! » chanta Tom en levant les bras en l'air, victorieux. Bill le regarda bizarrement tout en grimaçant, il détestait ce genre de jeux vidéo, il était plutôt branché simulation de vie, et puis, la réaction de Tom fortement excessive commençait sérieusement à le faire peur. Il détourna le regard et quand enfin, Tom fut calmé, demanda gentiment ce qu'il voulait manger ce soir.
« Oh mon dieu ! Quelle course ! Et c'est qui le meilleur, le beau gosse, le plus BEAU DE LA TERRE ?!! s'emporta Tom, C'est TOM KAULITZ-TRÜMPER BIEN SUUUR ! répondit-il à lui-même. Vous aviez dit « enfin calmé » ? Bill soupira.
-Bon, quand t'auras terminé de t'envoyer des fleurs à toi-même, tu me diras ce que tu veux pour ce soir.
-Et regardez-les ces p'tits jaloux là ! dit Tom en regardant l'écran de télévision où des petits bonhommes s'animaient de façon précises, on pouvait apercevoir que certains se prenait la tête entre leur mains, ce n'était juste qu'une animation pour illustrer la fin de la course. MUHAHAHA I'M THE WINNER ! hurla Tom.
-TOM CRIES PAS LA VOISINE VA ENCORE PETER LES PLOMB ! cria deux fois plus fort Bill alors qu'il était dans le garage en train de donner à manger à Scotty. Oh quelle merde ces croquettes, soupira-t-il, sentant la désagréable odeur. Voilà mon chou » sourit-il en caressant le museau du chien.
Bill se lava les mains dans le lavabo et prépara de la purée et fit cuire les steaks hachés. Tom s'était calmé mais il était tellement plongé dans sa musique sur sa chaîne musicale favorite qu'il en avait oublié de dire à son frère ce qu'il souhaitait manger ce soir.
Bill appela son frère et trois appels plus tard, celui-ci s'assit à table dans la cuisine.
Bill s'était déjà attaqué à dévorer le repas. Son frère s'assit en face de lui et mangea lui aussi.
« -Le sel.
-Et le « s'il te plait » c'est en option chez toi ? rétorqua Bill, vexé.
-S'il te plait chéri. Bill se leva et le tendis à son frère après l'avoir pris dans le placard à droite au dessus du lavabo. [Quelle précision.]
-Oh, commenca Tom, se raidissant. Oh la saloperie de chat, dit Tom en serrant les dents alors que Kasimir se frottait sans gêne à lui, ronronnant bruyamment. Bill se retenait de rire. Putain... crissa-t-il, vires-le, vires-le où j'le fou à la poubelle, avertit Tom repoussant de ses jambes nues le chat.
-Oh. Il t'as jamais rien fait.
-Il a faim, compris Tom en voyant Kasimir grimper sur la chaise, regardant avec envie le plat de steaks sur la table.
-Donnes-lui toi, j'ai nourri Scotty tout à l'heure.
-Tu m'a bien vu, Bill ? demanda Tom en faisant pivoter son index sur son visage.
-Allé ! C'est bon, c'est que des boîtes...
-C'est QUE des boîtes qui puent à cinquante kilomètres à la ronde, c'est QUE des boîtes au contenu pire que suspect, à la substance gluantes, c'est QUE... que des boîtes de chats en fait, conclu Tom, en plus, elles sont dures à ouvrir celles que maman a acheté, rajouta-il, suppliant.
-Miaoooooooooooooooow ! sembla approuvé le chat.
-On ne t'a pas dit de l'ouvrir le poilu.
-Oh Tom, soit gentil un peu.
-Il me griffe, il me saute dessus, me miaule trente fois par jour et j'te dis pas quand il a son quart d'heure de folie, énuméra l'aîné tout en comptant sur ses doigts.
-O.K, me dis pas alors ! » s'amusa le brun.
Les garçons s'étaient douchés tour à tour et étaient désormais assis, Tom sur la chaise, Bill sur son frère.
La lampe de chevet menaçait de cramer les cheveux de Bill à tout moment, la chaise de se fracasser sans ménagement, le bureau se dérobait par tant de poids, seul l'ordinateur portable semblait être en bon état. C'était celui de Tom, Bill en avait eu un aussi mais il est à rendu son âme peut de temps après qu'il l'ai eu pour cadeau...
« -Demain, on est dimanche ?
-Bah ouais.
-Lundi, tu vas au lycée ?
-Bah ouais.
-Mais on n'est pas obligé Billou...
-Je voudrai dire au revoir à tout le monde.
-D'accord, je t'accompagnerai alors.
-Si tu veux.
-Demain, j'irai voir l'état de nos vélos.
-Oh... Je crois que le mien est en très, très, très mauvais état, annonça Bill, dépité.
-C'est pas grave. Le mien aussi tu sais ! Si vraiment il n'y a plus rien à faire pour eux, on en achètera des nouveaux.
-Et l'argent ?
-On a trois cent euro pour le voyage pour l'instant, si on veut acheter des vélos, il ne nous restera pas grand-chose... Tom réfléchis tout en mordillant son piercing. Prions pour qu'il soit en bon état, dit-il en soupirant.
-C'est la faute à Georg et toi ça !
-Pas du tout, rigola Tom en enfouissant sa tête dans le cou de son frère.
-Ouais, mon oeiiiiil ! dit Bill en souriant, baissant sa tête pour rajouter un nouvel objet dans la liste.
-A partir de maintenant... »
« Le temps presse, il n'y vraiment pas de temps à perdre »
VOCABULAIRE :_________________________________________________________________D.T.C : Dans.
Ton.
Cul --'